Histoire de la vallée

Des traces d'occupation ancienne

Le matériel archéologique découvert atteste de l’occupation ancienne de la Vallée (période néolithique) . Les romains en font un point de passage obligatoire pour franchir le col de Bussang, important axe commercial entre l’Italie et les Flandres. Ils le baptisent Doroangus. Le tronçon de voie romaine et les pièces de monnaie découvertes et exposées confirment aujourd’hui ces hypothèses.

Un moine nommé Amarin...

Vers 625, un moine nommé Amarin dit Marin part du couvent de Luxeuil (fondé en 590 par le moine irlandais Colomban) et s’établit dans cette petite agglomération. Il est autorisé par le seigneur Warnachaire à y construire une chapelle dédiée à Saint Martin. C’est la première église de l’histoire de la vallée de la Thur et le cœur de la christianisation de la contrée – la seule également jusqu’au XIIIe siècle. Amarin vit tel un ermite dans la plus grande pauvreté suivant la règle stricte de Saint Benoît et avec pour mission sacrée d’évangéliser la contrée. Il est très vite rejoint par d’autres moines. Une petite cité se crée alors autour du couvent nouvellement fondé. Vers 670, épuisé par le travail et ses privations, il tombe gravement malade mais la visite, les prières et les bénédictions de Project (ou Prix), évêque de Clermont (Arvennes) de retour de la cour du roi Childéric II à Autun, lui permet miraculeusement de guérir. Dès lors une grande amitié s’installe entre les deux hommes. Quelques années plus tard (en 676), dans l’espoir de trouver quelques aides financières, Amarin rend visite à son ami Project à Volvic. Ce dernier, s’étant attiré des représailles suite à l’excommunication et la condamnation à mort du Comte d’Auvergne, est victime d’une tentative d’assassinat le jour de l’arrivé d’Amarin. Amarin est le premier tué puis s’apercevant de la confusion, la famille avide de revanche massacre également l’évêque. Ses ossements sont transférés dans sa cité d’adoption et deviennent des reliques très vénérées une fois déposés au couvent qu’il a fondé. En remerciement, Doroangus devient officiellement Saint-Amarin (première citation en 1135). En 792 Charlemagne fait don de la vallée aux abbés de Murbach mais le monastère de Saint-Amarin garde une relative indépendance. Entre 1050 et 1191, une nouvelle église est construite et dédié aux saints Amarin et Project. Par bulle papale, le 3 mars 1191, le monastère est transformé en chapitre et l’église en collégiale. Le XIIIe siècle marque la rupture définitive entre les abbés de Murbach et le chapitre. Suite aux destructions des anglais et des « écorcheurs » et à un énième désaccord avec les Murbach, les chanoines font intervenir la Maison d’Autriche et obtienne le transfert de leur chapitre à Thann, sous domination des comtes de Ferrette.

L’ancienne collégiale se transforme donc en église paroissiale et devient par la suite propriété des Murbach. Une partie des reliques est alors transféré à l’abbaye mère avant de reprendre sa place dans l’ancienne collégiale. Faute d’entretien, en 1745, le bâtiment est dans un état de ruine et la décision est alors prise de le démolir pour reconstruire une nouvelle église : l’église paroissiale actuelle. La présence de minerai mais également la situation stratégique de la Vallée a attiré les envies et a provoqué de nombreux différents, notamment entre les abbés de Murbach et les comtes de Ferrette. Dès 1228, le prince-abbé de Murbach obtient de l’empereur Frédéric II le droit de lever un péage dans la Vallée. Seize produits sont soumis à taxe : le vin, la laine, les animaux, les harengs, la soie, l’acier, le drap, l’alun et le miel. A partir du IXe siècle, un bailli administre les possessions de l’abbaye. L’influence des abbés de Murbach a également été le moteur d’une production artistique de qualité et le Musée en conserve quelques pièces anciennes déposés par les églises paroissiales de la Vallée.

La verrerie de Wildenstein : production et technique

C’est est également sous l’impulsion des abbés de Murbach que s’est installée en 1699 puis développée la verrerie dans la Vallée. On doit notamment aux verriers de Wildenstein l’invention de la tuile plate en verre et les premiers objets publicitaires tels que la grande bouteille. Une seconde salle est consacrée aux techniques de fabrication et modélisation du verre. Après 1870, les affaires deviennent de plus en plus compliquées devant le concurrence allemande et la décision est prise en 1884 de fermer l’établissement. Les bâtiments, à l’exception de deux hangars sont détruits l’année suivante.

L’industrie textile

L’industrie textile a prospéré dans la région. L’usine textile et Wesserling mais également la filature de laine peignée de Malmserspach ont permis à la Vallée de connaître un véritable âge d’or. En effet à cette époque la production textile alsacienne concurrence celle de Manchester en Angleterre. Le musée aborde leurs histoires et explique les techniques de production.

Vuillard / GPV

Dernière industrie et fonctionnant encore de nos jours dans la Vallée, l’usine Vuillard/GPV produit du papier à lettre et des enveloppes reconnu. Son savoir-faire et son excellence sont reconnus dans toute l’Europe. Le Musée Serret a abordé son histoire à l’occasion d’une grande exposition anniversaire et conserve de nombreux exemplaires de papiers mais également des machines de précision servant à tester le papier.

Motivés par la Révolution industrielle, de nombreux artistes sont issus de la Vallée notamment le polyvalent Camille Greth, capable de rendre avec talent la réalité d’une nature morte, l’émotion d’une scène de genre ou encore la puissance d’une scène historique.

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