Martin KIBLER est né le 31 juillet 1878 à Saint-Amarin. Il a été enterré dans sa ville natale le mercredi 11 août 1971 en « grande pompe », car il en était le maire honoraire.

Son père Joseph, bûcheron, mourut en forêt écrasé par sa schlitte, alors que Martin venait à peine d’avoir un an. Martin fut donc élevé par sa mère, Elisabeth, née GULLY, qu’il vénérait. Bien qu’écolier brillant, il ne put continuer ses études et commença dès sa sortie de l’école à travailler à la Filature de Malmerspach. Puis il entra comme ouvrier à l’usine du Breuil où il franchira toutes les étapes de la hiérarchie et terminera sa carrière professionnelle en tant que chef de fabrication du blanchiment, de la teinture et des apprêts.

Simultanément il se consacra durant trente quatre années à la gestion de sa ville comme conseiller municipal d’abord, puis comme adjoint et ensuite comme maire.

Destitué par les autorités allemandes en 1941, puis déporté le 28 mai 1943, il reviendra en Alsace le 24 avril 1945, libéré par son fils Marcel, chef de la Résistance alsacienne.

Sa révocation de premier magistrat de Saint-Amarin n’a jamais été prise en compte par l’administration française.

Ce sont cependant ses dons artistiques qui lui permettront de remplir ses loisirs :

  • Très doué pour le dessin au crayon puis au fusain, il réalisera des portraits d’une grande fidélité et utilisera ce moyen d’expression durant la guerre quand il fut en panne de peintures et de toiles.
  • Il ‘intéressa à la sculpture sur bois en faisant des cadres, dont un particulièrement remarquable pour le portrait de sa mère.
  • Durant de nombreuses années, il excella dans l’empaillage d’oiseaux et d’autres petits animaux.
  • Il se plaisait également à écrire en français en en allemand de nombreux poèmes dans lesquels en patriote ardent, il fustigeait souvent le régime nazi.

Mais la peinture à l’huile fut sa passion profonde ; il la pratiquera jusqu’au moment où la baisse de sa vue ne lui permit plus de se livrer à son passetemps favori. Peinture autodidacte, il fut aiguillonné dans cette voie par trois artistes :

  • Robert KAMMERER dont il suivit les cours à THANN
  • Germain RAESS le pharmacien de Saint-Amarin dont la concurrence locale poussa à se surpasser.
  • Christian ZIEBOLD un artiste peintre professionnel, qui lors de sa captivités en tant que prisonnier allemand en 1945 s’occupa de son jardin et lui montra de nombreuses astuces du métier, telle que l’utilisation de la queue du pinceau pour réaliser, par exemple, les écorces d’arbres

Nous avons rassemblé dans cette exposition, les tableaux et photos que nous avons pu trouver de ses œuvres, avec leur légende et entre parenthèse, le nom de leur dépositaire.

SAINT-AMARIN Septembre 2021

M. Pierre SIMON et M. Maurice HEIDMANN

(petits fils de Martin KIBLER)